May 14
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La longue plage en automne

Nous sommes retournés à Gerroa récemment. Il n’y avait pas grand monde à part quelques familles venues profiter des vagues avant la rentrée des classes.

Il faisait bon : assez pour goûter aux vagues, et assez pour sentir l’air sur sa peau sans avoir peur des coups de soleil. 

Je crois que la plage est encore plus belle en hors saison.

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May 04
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Un jour, je serai artisan - partie 2

Il y a deux ans, j’écrivais ça.

Je n’ai pas beaucoup changé d’avis depuis, même si je reste réaliste quant aux chances de vivre un jour du travail de mes seules petites mains. 

Il y a environ 3 mois, mon amie nous a proposés, à moi et un pote, de tenir un stand lors d’un marché artisanal. Lui ferait des madeleines à la française et nous, on vendrait de la céramique. C’était un peu fou, mais on a dit oui.  

Je n’avais pas vraiment mesuré l’ampleur de la tâche : après avoir passé un trimestre à me battre avec le moulage d’une assiette (qui n’a jamais rien donné), j’ai réalisé qu’il allait falloir produire des trucs si je voulais vendre quelque chose ! 

La chambre d’amis s’est alors transformée en un champs de bataille. J’ai disposé une grande bâche en plastique sur le joli plancher. J’ai versé des litres de porcelaine liquide dans les moules et à côté. Denis a râlé (il a le droit, c’est lui qui fait le ménage à la maison), mais je lui ai promis de faire attention. Sauf que d’étranges empreintes blanches ont fini par apparaitre un peu partout dans l’appart : sur le sol, sur les poignées… 

Le jour J est arrivé et notre trio s’est levé aux aurores pour préparer le stand. On n’en menait pas large, on était sensés être des “artisans” ! 

Ensuite, les gens sont arrivés. Il a fallu aller très vite, noter les commandes, rendre la monnaie en se bousculant à chaque fois… les amis sont venus nous rendre une petite visite, les organisateurs nous ont pris en photo, la limonade partait à toute vitesse… Contre toute attente, notre stand fut un succès ! Il faut dire que le mot “french” est un mot magique ici…

L’expérience fut épuisante mais grisante. Nous n’en revenons toujours pas, et quelques jours plus tard, nous sommes encore sous le choc.

Et on remet ça pour Bastille Day ! :)

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Apr 24
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La poubelle déprime

Elle se sent bien seule. On ne la regarde pas, on ne la sort même plus. Elle est là, dans la cuisine, à moitié vide.

Tout ça, c’est de la faute à Bea Johnson et sa petite famille. Vous en avez peut être entendu parler ? Vous savez, cette famille qui ne produit plus de déchets depuis trois ans ? Regardez cette vidéo, et prenez vous, vous aussi, une grosse claque de conscience dans la face.

Comme Barb, nous avons décidé de faire la chasse aux emballages superflus.

Nous avons trouvé une coopérative, à Manly. Le principe est d’acheter à la pesée : fruits et légumes, condiments, farines, céréales, sauces, produits d’entretien…

C’est une chasse au trésor. Les produits sont bios, de qualité, on découvre un nouveau truc à chaque visite.

Ca n’est pas très grand, parfois pas très bien organisé. Il vous faudra par exemple patienter quelques temps avant qu’un produit soit réapprovisionné. C’est normal : la coop fonctionne sur le principe du volontariat. N’oubliez pas d’amener vos bocaux, ou achetez vous des sacs Onya. Pas de clim (ai-je assez dit combien je hais la clim dans ce pays ?), pas de néons agressifs, de gens tristes ni de musique de mauvaise qualité. Ici tout le monde se sourit. Nous sommes tous réunis autour d’une même envie d’agir. Tout ce que l’on y achète est éthique.

Je laisse le soin aux supermarchés conventionnels de harasser nos agriculteurs, d’empoisonner la nation et de polluer un peu plus nos océans.

Alors avec un peu de chance et à l’aide d’un compost, vous oublierez peut être vous aussi complètement d’aller sortir les poubelles. La nôtre n’a pas été changée depuis le 14 mars dernier (une 14 litres). Je n’en reviens toujours pas !

La Manly Food Coop, c’est au 21B, Whistler Street, à Manly.

Au fait, voici le blog de Bea Johnson. Sa passion est communicative ! Elle vient même de sortir un livre. Pour en savoir plus, c’est ici (avec un beau texte qui l’accompagne).

Et enfin, je me demande… ce genre de coopératives existent-elles en France ?

[Edit : Bea Johson (encore elle) vient de sortir une app pour Iphones et Android qui vous permet de localiser les endroits où l’on peut shopper en vrac. L’application était destinée seulement pour les US mais il semblerait que la France, l’Australie et d’autres pays ont ajouté des adresses. Téléchargez la et ajoutez vos adresses, c’est gratuit !]

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Apr 11
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L’Australie, terre de tous les dangers… pour les poules

Lorsqu’il débarque de France, le voyageur est généralement déjà renseigné sur toutes les espèces dangereuses de l’Australie : araignées, serpents, crocodiles, méduses… La liste est longue, et pourtant, à moins de s’installer dans le bush (et encore), il croisera probablement plus de possums, de chiens et de cacatoès que de bêtes à la morsure mortelle. Futurs Sydneysiders, vous pouvez ranger votre machette et dormir tranquilles. En quatre ans et demie ici, aux quatre coins du pays, nous n’avons jamais eu de problèmes !

C’est par contre une autre histoire pour les poules, qui ont intérêt à surveiller leurs arrières ! 

J’en ai la preuve régulièrement sur la page Facebook de mon groupe de permaculture. Parmi les conseils, les liens vers des pétitions diverses et des événements susceptibles d’intéresser l’audience, on trouve régulièrement des questions sur les poules avec d’effroyables récits : retrouvées décapitées, éventrées ou bien tout simplement gobées, les pauvres bêtes doivent parfois être tenues à l’abri dans un poulailler aux allures d’Alcatraz.

Mais qui en veut aux poules ?

Le plus commun semble être le python diamand. Un serpent plutôt impressionant, totalement inoffensif pour l’homme, mais grand amateur de gallinacés. L’un des membres de mon asso a pris une photo de son poulailler : tout semble normal, à part le truc sans plumes derrière le grillage qui semble digérer tranquillement un gros festin…

Vient ensuite le renard. Animal non natif de l’Australie, il est considéré comme une peste ici. Il semblerait même qu’il y en ait plus dans le centre-ville de Sydney qu’à la campagne, si l’on en croit cet article. Les citadins apprentis fermiers peuvent donc craindre les attaques de ces prédateurs qui tuent leur proie, en mangent une partie et revenant quelques jours plus tard emporter le corps pour faire des réserves. Sur la page facebook, les gens aiment décrire l’état de leurs poules après le passage d’un renard… c’est pas joli joli. Pourtant, un jour, je suis tombée nez à nez avec un jeune renard qui jouait au milieu des kangourous. Il cherchait à attraper un insecte volant, les oreilles dressées en avant, comme un chat qui jouerait avec une mouche. Je suis amoureuse des renards depuis.

Les aigles de mer. J’aurais pensé que ceux-ci préféraient le poisson, mais il semblerait qu’ils aiment varier leurs menus de temps en temps. Certains permies vivant au bord de la mer disent qu’ils éventrent leurs poules. Un jour, on a vu un aigle choper un poisson puis le perdre une fois dans les airs. L’aigle a sifflé de rage pendant cinq bonnes minutes. C’était trop drôle. 

La ninoxe puissante (powerful owl en anglais). C’est la plus grande chouette d’Australie, elle mesure 60 cm de hauteur et se nourrit de… possums (oui, les mêmes qui font parfois un séjour de convalescence à la maison). Là encore, il semblerait que ce rapace aime se caler une bonne petite poule dans le bidon, entre deux possums. Elle agit de nuit et laisse apparemment ses proies décapitées. Super classe.

Dans tous les cas, il convient de bien protéger ses poules en Australie, que ce soit sur le sol ou au dessus du poulailler, avec un grand arbre par exemple. C’est dommage car moi j’aimerais bien avoir des poules un jour (Denis se réjouit), mais je ne veux pas les enfermer. Devrai-je leur programmer un entraînement spécial ? Il va falloir que je cogite.

En attendant, ces pauves bêtes doivent se raconter des histoires australiennes bien plus effroyables que nous, les humains, et se souvenir du bon temps où elles mangeaient les serpents sur ce lointain continent, l’Europe !

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Apr 06
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Le dernier paradis

Parfois, la ville me salit, m’épuise, me rend amère. Parfois, j’aimerais la quitter pour de bon. J’aimerais vivre comme cette poignée de chanceux descendants des premières familles de colons, sur Lord Howe Island. Ils coulent des jours tranquilles en louant des apparts aux quelques touristes qui viennent (car le nombre y est rigoureusement contrôlé). Ils vont à vélo, regardent voler les oiseaux, refusent toute couverture de téléphone portable. Ils compostent, cultivent leur potager et se reposent à l’ombre de leurs cathédrales naturelles : les banyans.

Il y a l’école qui accueille une trentaine d’enfants. Il y a le bateau d’approvisionnement qui vient toutes les deux semaines, il y a la coop où tout se vend en vrac, sans plastique.

Tous m’ont dit ne pas pouvoir vivre à Sydney. Allez dire ça à un parisien.

Lord Howe Island est l’un des derniers endroits sur cette planète à ne pas être pollué. Elle est classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

A la longue, je m’y ennuierai peut être. Ou bien je ne reviendrai plus jamais dans une ville.

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Mar 28
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Full Circle

“There’s talk of a feast. A gathering. A celebration of food, friends and that old sense of community”.

A Sydney comme partout ailleurs, il y a un retour au bien manger : on veut du local, de l’éthique, du fait-maison.

Le collectif Full Circle l’a bien compris et crée des événements ici et là, afin de promouvoir la bonne bouffe et renforcer l’esprit collectif de la région.

Ils vont à la rencontre des agriculteurs, préparent des soupes collectives, cuisinent des plats rustiques tout en racontant l’histoire des produits que vous retrouvez dans votre assiette.

C’est donc par curiosité et par gourmandise que nous avons réservé une table au Eat In. Le collectif venait de trouver un entrepôt déserté et l’avait transformé, le temps de quelques mois, en un restaurant improvisé. Réservation par texto, adresse secrète, l’expérience promettait d’être intéressante.

Sur place, les cloisons étaient tombées, des meubles et objets divers rangés dans un coin. Des planches et des tréteaux faisaient office de table, des étagères en métal supportaient des bocaux, du pain de campagne et une grande marmite.  Les plats étaient préparés sous nos yeux. Le menu semblait au premier abord un peu simple pour nous : une salade verte aux haricots, une autre aux figues et aux noisettes, des gnoccis, une tarte au pomme… 

Et pourtant comme c’était bon ! Simple, savoureux, ultra frais. D’ailleurs depuis on ne mange plus que de la salade verte avec une vinaigrette à l’avocat. 

Si vous êtes dans le coin je vous conseille vivement d’envoyer un texto ici.

Sinon vous pouvez toujours aller baver devant les photos de leur blog.

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Mar 20
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Changement de saison

On pensait qu’il ne viendrait jamais, tant il faisait beau. Et puis cette semaine, pour la première fois, nous avons observé des gouttes de rosée sur le balcon, le matin. Le fond de l’air était plus frais aussi, lorsque nous sommes partis travailler. Ca nous a beaucoup surpris tant le ciel était bleu.

L’automne est bel et bien arrivé. Il s’installe tous les jours un peu plus.

Ce qui me chagrine le plus dans cette histoire, c’est que les pêches sont pratiquement terminées pour l’année. Alors que je viens de découvrir que revenues dans du miel, de la cannelle et du romarin, elles sont à tomber !

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Mar 07
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Les Australiens n’aiment plus le Coca

En Territoire du Nord, on a voulu instaurer un système de consigne : chaque bouteille, carton ou canette ramené vide à un dépôt vaudrait 10 centimes de dollars à son propriétaire. Une initiative visant à encourager le recyclage donc, déjà mise en place en Australie Méridionale depuis plusieurs années, avec succès. Elle est même très bien accueillie par le public, il n’y a qu’à voir les chiffres.

Sauf que la compagnie Coca Cola n’a pas trouvé ça normal : ses clients allaient payer 10 centimes de plus par bouteille et perdre ainsi du pouvoir d’achat ! Quelle injustice ! (10 centimes pourtant reversés au retour de la bouteille). La multinationale a donc décidé de porter l’affaire devant les tribunaux et le verdict vient de tomber : Coca Cola gagne et le Territoire du Nord est contraint d’annuler le projet. Sidérant.

S’en suit depuis une vaste campagne de boycott national. Les réseaux sociaux se déchaînent et la multinationale s’est vue appeler les flics pour éviter de faire déverser des déchets à l’entrée de ses bureaux de North Sydney… Il faut dire qu’à l’heure du pic pétrolier et d’une prise de conscience générale plus forte que jamais sur l’existence de nouvelles îles paradisiaques, faire interdire une initiative de recyclage est franchement osé.

Je vous déconseille donc d’acheter toute boisson appartenant au groupe américain lors de votre prochaine descente dans votre supérette préférée, vous risqueriez d’y laisser une dent ou deux.

image La campagne de Greenpeace

http://www.theaustralian.com.au/news/coca-cola-calls-police-over-sydney-protest-against-dismantling-of-northern-territory-recycling-scheme/story-e6frg6n6-1226590261310

http://www.greenpeace.org/australia/en/news/oceans/-Stop-Coca-Cola-trashing-Australia-3-things-you-can-do/

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Feb 22
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Les loriquets sont des malpolis

Ils débarquent à l’improviste dans un vacarme pas possible, vous coupant dans votre conversation, posent leurs pattes un peu partout et s’attendent ensuite à ce que vous leur filiez des graines. 

Comme nous ne sommes pas du genre à céder devant de telles manières, ils sont repartis comme ils sont venus, en un éclair.

Ca n’est pas la première fois qu’ils débarquent, il y a donc certainement un voisin qui s’est laissé amadouer. Pourtant ils ne manquent pas de nourriture, il n’y a qu’à entendre le vacarme qu’ils font dans les palmiers en ce moment !

Voilà, à part ça il parait qu’il y a plus de Français en Australie qu’en Grande Bretagne maintenant. C’est quand même fou, surtout lorsqu’on voit la distance qui sépare les deux pays ! Du coup je me demande s’il ne faudrait pas poster plus de photos d’araignées ici… ;)

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Feb 15
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Timeless

De temps en temps, le dimanche, l’Australien fortuné sort sa voiture de collection. Parfois, c’est juste une bande de jeunes qui se balade avec une veille carlingue stylée. Il y a aussi les hipsters des quartiers de l’inner west qui aiment bien rouler “vintage”.

Quelle qu’en soit la raison, la vue de ces vieilles voitures donne toujours une touche d’intemporalité au paysage. Il ne manquerait plus qu’un air de Santo et Johnny dans le poste de radio…

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